La descendance de Simon et Marie Idée.


Il s'agit de la descendance de la troisième famille de l'origine qui a encore des descendants.
Elle fait partie du groupe B.
Les premières générations sont représentées dans la figure ci-dessous.
Nous discuterons successivement d'une branche à Macquigny, avortée mais intéressante puis de deux branches actuelles.


La lignée de Claude s'arrête très vite.
On notera que Pierre, le fils de Simon, est cordonnier et qu'il sait signer (ici, à son mariage à Ribemont) Source : 5Mi 1519 ( 1675-1685) vue 134.
C'est lui dont la descendance dure encore.


la branche avortée de Macquigny

1. Léger et les fermes du roi
Né à Thenelles, Jean ( François Baptiste) se marie à Macquigny où il a 9 enfants.
Il est clerc laïque d'Aisonville non loin de Thenelles et de Macquigny.
Ses fils franchissent une jolie marche de l'échelle sociale : Jean Baptiste, d'abord clerc laïque comme lui devient peut-être secrétaire du prince de Conti - voir plus loin- ; (Jean) Auguste est commissaire des impôts à St Quentin, Nicolas Louis (Jean) et Léger sont des gradés du corps des fermes du roi.
Les Fermiers du Roy étaient des financiers privés qui étaient chargés d'effectuer la levée de l'impôt
Ils versaient au roi une somme forfaitaire et percevaient ensuite pour leur compte l'impôt royal, sans oublier de se servir au passage !
Ils prélevaient plusieurs impôts, par exemple la gabelle sur le sel.
Ils étaient aidés par un corps organisé militairement.
Chaque paroisse avait sa brigade, faite généralement de six préposés, d'un sous-brigadier et d'un brigadier, sous-officiers qui savaient écrire.
Plusieurs brigades étaient commandées par un lieutenant ou un capitaine.
C'est un corps qui était mobile, afin que des attaches ne se créent pas localement.


On le voit d'ailleurs très bien dans le cas de Léger : un fils en 1772 à Roisel dans la Somme, 30 kms à l'ouest de St Quentin ; un fils en 1782, beaucoup plus à l'Est (Joinville, au sud de St Dizier, en Haute-Marne ; une arrivée plus tard, à une date indéterminée, à Fontaine-sur-Maye, à nouveau dans la Somme mais cette fois près d'Abbeville, où un fils se marie en 1803.
Léger y décède en 1814, pensionnaire de l'état, bien que les fermes aient été supprimées par la Révolution.
Avec ces transferts, rien d'étonnant à ce que son mariage n'ait pu être encore localisé, pas plus que les naissances de cinq autres de ses enfants, trouvés comme témoins dans des actes de naissance ou de mariage.
Son fils Auguste est également d'un bon niveau social puisqu'il est officier de santé.
A ce titre, on le retrouve dans des documents de la Société d'Histoire et d'Archéologie d'Abbeville (voir Gallica pour les textes complets).
Il y apparaît dans une série de cas de choléra, en 1882 à Abbeville.
Puis comme archéologue amateur.

2. l'histoire du « guillotiné » de Macquigny

Jean Baptiste, est un frère de Léger, que nous venons de rencontrer.
Un Jean Baptiste figure dans une liste de « guillotinés » classique : GUERDOUX Jean Baptiste, ancien secrétaire du ci-devant prince de Conti, département de la Seine, condamné à mort, comme émisseur de faux assignats, le 23 juin 1792, par le tribunal criminel dudit département.
Mais les choses ne sont pas si simples !
En effet, j'ai trouvé (l'écrou a été trouvé aux archives de la Préfecture de Police de Paris) son entrée à la Conciergerie, un peu plus tôt en janvier 1792.


Ce document identifie bien Jean Baptiste : le lieu de naissance n'est pas très bien écrit, mais reconnaissable, en Picardie.
L'âge est parfaitement compatible : 56 ans en 1792, cela donne une naissance en 1736.
Alors que la naissance d'un Jean-Baptiste à Macquigny est en 1735.
J'ai ensuite obtenu un résumé un peu approximatif de son procès :
Procédure contre Philippe La Bonne, commis marchand, ancien secrétaire du prince de Conti, Jean-Baptiste Guerdeur, et contre les sieurs Brun et Berry, absents et contumax, les deux premiers, prévenus d'avoir, de complicité avec le nommé Berry, cherché à escroquer des marchandises aux sieurs Jacques Guay cadet, et Hébert, à l'hôtel d'Aligre, en les payant avec 51 faux assignats de 2,000 livres chaque, et jugement du Tribunal criminel du Département de Paris, les condamnant à la peine de mort et ordonnant que les 51 faux assignats, déposés au greffe comme pièces à conviction, seront brûlés en présence de l'un des juges du Tribunal.
Le compte rendu complet de ce procès semble figurer à la BNF et il sera recherché.
Je saurais alors si Jean Baptiste était réellement secrétaire du prince de Conti, ce qui est douteux ci-dessus.
En tous cas, c'est cette date de procès qui figure dans la liste des « guillotinés ».
En réalité, Jean Baptiste n'a pas été exécuté à cette date.
Il a été tué lors des émeutes des 2 et 3 septembre 1792 à la Conciergerie.
HISTOIRE DES GIRONDINS Et DES MASSACRES DE SEPTEMBRE (digitalisé par l'Université de Californie, à Los Angeles
Etat nominatif, par ordre alphabétique , des prlsonniers mis à mort a la prison de la Conciergerie , les 2 et 3 septembre 1792; établi d'après les trois listes dressées par le concierge de la prison, certifiées par lui , ainsi que par le commissaire de police de la section du Pont-Neuf, et faisant partie du volume D, n. 78, des Archives de l'Hôtel de Ville de Paris.( la date est celle de l'écrou).


Il n'a pas eu la chance d'être libéré, comme la plupart des prisonnières et quelques rescapés.
Selon Marie Christine Penin il est probable qu'il a été enterré au cimetière de Clamart aujourd'hui disparu.

La branche de Pierre Sébastien et de ses deux fils aventureux

Pierre Louis 1757, Etienne Florimond 1761 et Pierre François 1765) sont trois fils de Pierre Sébastien.
Je ne sais pas grand-chose sur Pierre Louis 1757-1802, seulement qu'il est soldat en 1794, comme de nombreux autres hommes de Thenelles, lors d'un recensement.
A son mariage en 1798, il est simplement qualifié de manouvrier.
Les deux autres frères ont chacun un dossier bien plus étoffé.

1. les aventures guerrières d'Etienne Florimond.

Au Service Historique de l'Armée de Terre (SHAT) (Voir la liste spécialisée Archimili),Alain Barrault a trouvé un dossier de pension en faveur d'Etienne Florimond.


Cinq pages pour récapituler la carrière, qui commence en 1781 (il a vingt ans) dans le corps expéditionnaire de Rochambeau et La Fayette, en Amérique, jusqu'en 1782.
Son régiment participe à la bataille de Yorktown sous les ordres de François-Marie d'Aboville, qui, plus tard commandera l'artillerie à Valmy.
Peut-être qu'Etienne Florimond y était présent car de 1792 jusqu'à l'an IX, il participe aux campagnes de la Révolution.
Entre 1782 et 1792, il était probablement à Besançon où on localise son régiment
En tous cas, l'on y vérifie la réalité d'une opération, faite à « Basle » ( Bâle ?).
Sergent dès 1793, non seulement il a échappé aux dangers, mais il a eu la « chance » d'être atteint d'une cataracte mal opérée qui l'a rendu inapte au service d'autant plus que son autre oeil est également en mauvais état, : un artilleur presque aveugle..! Indice d'une bureaucratie éternelle, sa presque cécité a été vérifiée deux fois, par des officiers étrangers au corps.
Ce qui montre d'ailleurs que la confiance régnait !
Il a finalement obtenu une pension (solde de 280,50 francs soit environ 560 euros en 2006).
Signe de sa bonne fortune ainsi faite, il s'est marié en 1803, très vite après son retour à Thenelles.
Dans l'extrait qui figure ci-dessus, on notera GUERIDOUX pour Guerdoux et une inversion amusante : sa mère est appelée CALPIN pour CAPLIN ou CAPLAIN) ! Elle devait être de petite taille.

2 Pierre François et la branche du sud-est.

J'ai vite eu la surprise, en feuilletant l'annuaire téléphonique, de trouver des Guerdoux à Marseille.
Le patronyme était-il bi-phylétique ? L'aide de Marcelle Ruiz a été décisive pour montrer que non.
En remontant de Guerdoux actuels à Marseille, il a été possible de montrer qu'ils descendent tous de Marie Marguerite, fille de Pierre François et de Marie Théry, mariés en 1795 à Toulon.
Et que Pierre François est le troisième fils de Pierre Sébastien : il est né à Thenelles. Source : ADA 5Mi 1555 (1751-1790) vue 135


L'émigration est donc certaine.
Une hypothèse tentante est d'imaginer que Pierre François a suivi son militaire de frère jusqu'au siège de Toulon, en 1793.
Je cherche donc à savoir si le régiment d'Etienne Florimond était présent dans cette affaire qui a révélé le jeune Bonaparte.


Le couple a une fille, Marie Marguerite, en 1799 à Toulon.
Je n'ai pas trouvé d'autre enfant, pas plus que le décès de Pierre François.
Toujours en remontant des Guerdoux de Marseille, on a vu que Marie Marguerite et sa mère ont quitté Toulon pour Marseille.
La mère, Marie Théry, y est d'ailleurs morte en 1836.
En revanche, Pierre François n'y est pas mort.
A Marseille, Marie Marguerite a eu des enfants hors mariage.
Il en est ainsi de Victor César VENLO né de père et mère inconnus, le 16 août 1728.
Cet acte est intéressant à plusieurs titres.
Tout d'abord, par le patronyme VENLO, arbitrairement donné à cet enfant né de parents inconnus.
J'ai trouvé que le rédacteur inventif affublait d'autres enfants dans ce cas de noms très divers.
Par exemple, celui de batailles de la Révolution et de l'Empire !
Il en est ainsi pour VENLO, ville des Pays-Bas prise par les troupes françaises en 1793.
Le deuxième détail intéressant, c'est ce GUERDON (2) qui est manifestement une erreur, comme on peut en être certain, dans la note en marge d'après l'acte de reconnaissance et d'après celui de la naissance à Toulon de Marie Marguerite.
Cette mention erronée a-t-elle été ajoutée au moment de la reconnaissance ?
Plus probablement au moment même de la première déclaration, car l'écriture est homogène.
Le rédacteur devait savoir que la mère viendrait reconnaître l'enfant et j'imagine qu'il a mis une annotation pour retrouver l'acte auquel il faudrait ajouter une note.
Il est d'ailleurs amusant de noter que la sage-femme, présente, ne pouvait pas ignorer de quelle mère était l'enfant.
De plus, les trois autres enfants illégitimes de Marie Marguerite, des filles, sont directement attribuées à leur mère.
Je ne sais pas à quoi correspond cette déclaration hypocrite en deux temps.



Il a été reconnu, comme indiqué en marge de l'acte de naissance, le 26 août.
Cet acte de reconnaissance ne laisse aucun doute : Guerdoux est alors très net, en titre et dans le texte.
Marie-Marguerite, la petite repasseuse fille-mère, était tellement devenue familière à Marcelle Ruiz et à moi, que nous l'avions surnommée Margot !
Elle fini par épouser tardivement François DAUMAS, un aubergiste.
Aucun témoin de l'ensemble des actes ne permet de faire une hypothèse sur le nom du père de Victor César.
En revanche, on l'a vu, on a pu le relier aux autres Guerdoux du sud-est, dont il est le point de départ.
La descendance est assez importante et n'est pas restée localisée à Marseille (des Guerdoux au moins à Aubagne et à Apt).
Il est probable que des compléments seront apportés, car j'ai eu assez peu de chance avec certains porteurs actuels du patronyme, qui, contactés, n'ont pas donné suite.


3. La descendance de Louis 1732 et Catherine Filachet.

Louis 1732 est un descendant de Simon et Marie Idée.
Deux branches actuelles en découlent.


3.1. Dans la descendance d' Augustin, une branche de Thenelles comporte le dernier garçon né dans la commune (case en jaune) : nous en reparlerons plus loin.

Je manque d'informations récentes sur la descendance de François Michel, à St Michel et Hirson, dans l'Aisne, il est possible que d'autres Guerdoux existent.


3.2 La branche de Chevreuse est la mienne.
Son analyse détaillée, grâce aux actes, aux recensements et aux registres matricules donne un exemple de mouvements d'une famille à la fin du XIX ème, probablement poussée à rejoindre Paris pour y trouver du travail.
Les mariages à Paris et Bobiny 93 sont surlignés en jaune.
Le fils aîné de François Louis, François Ferdinand, est lié à quatre femmes (Fig.48).
Tout d'abord il a un fils, Ferdinand Emile 1868 à Ribemont, avec Hyacinthe Vasseur, sans que le couple ait convolé.
En 1873, il se marie à Tergnier et il a deux enfants de Zulia Maréchal, en 1874 et 1875 à Ribemont.
En 1878, on le trouve se mariant à Bobigny 93, où je ne lui connais pas d'enfants.
Enfin en 1880, il habite à Paris, 97 quai de Javel, après avoir résidé rue Lecourbe.
Sa dernière épouse Honorine Bègue lui donne deux enfants à Paris.


L' autre fils de François Louis , Joseph François, nait, se marie deux fois et meurt à Ribemont.
Deux enfants de son premier mariage, avec Hyacinthe Vasseur qui a eu un enfant de son frère François Ferdinand naissent et meurent à Ribemont.
Les trois fils de son second mariage naissent aussi à Ribemont mais on les retrouve à Paris.
Abel Joseph est le premier à y être repéré en 1896, 7 rue des Trois Bornes, au moment de son incorporation.
Après plusieurs adresses, on le trouve en 1906 46 rue Chaptal à Levallois-Perret.
François Louis habite 78 rue Rambuteau, à Paris lors de son conseil de révision, en 1897 également.
En 1907, il est 8 rue Gravel à Levallois-Perret , proche de son frère Abel.
Joseph Auguste, est encore à Ribemont lors de son conseil de révision, en 1894.
Il est à Paris en 1897 2 rue du Pont Neuf.
Ajoutons que Ferdinand-Emile, leur demi-frère est peut-être arrivé à Paris un peu plus tard : en 1900, on le trouve 8 rue J. Robert.
On n'a pas plus d'information sur son compte car son registre matricule est incomplet.
Je n'ai pas pu trouver son dossier de douanier, qui aurait pu m'en dire plus.
En tous cas, les quatre frères sont repérés à Paris entre 1896 et 1900.
Et ils étaient en contact les uns avec les autres, ce qui n'a rien d'étonnant : Ferdinand-Emile est au mariage d'Abel, en 1900 , à une adresse qui est celle de Gabrielle Chassagne, future épouse de François.
Louis.Abel et François Louis sont présent au x de Joseph Auguste, en 1899.
Plus tard, on l'a vu, ils habitent tous deux à Lavallois-Perret.
Un extrait du registre militaire de Louis François (c'est François Louis !) figure ci-dessous.
On y trouve par exemple ses caractéristiques physiques.


Et une partie de ses adresses successives.


ADA 21R125 (1897) vol n°529
Ainsi que ses mésaventures pendant la guerre : disparu en août 1914 à Bellenglise 02 , prisonnier dans un Kriegsgefangenenlager - camp de prisonnier de guerre - jusqu'en 1918.


Tout cela montre que les 4 frères sont arrivés à Paris dans une période de temps de quelques années (1896-1900).
Rien n'interdit même d'imaginer qu'ils sont venus à Paris pratiquement ensemble.
Je n'ai pas réussi à déterminer si leur venue a un lien quelconque avec l'installation plus ancienne de François Ferdinand, le père de l'un et l'oncle des trois autres, successivement à Bobigny (1878) puis à Paris (1883)
Ensuite, ils quittent tous Paris, ce que l'on voit de différents manières (registres matricules, listes électorales, actes divers).
A leurs décès ils sont éloignés les uns des autres : Abel en 1953 à Nogent-le-Rotrou 28 ; Ferdinand Emile en 1950 à Doingt-Flamicourt 80; Joseph Auguste en 1946 au Perreux/Marne 94 ; François Louis à Noisy-le-sec 93 en 1941.
Ce dernier est mon grand-père.
Il n'a eu qu'un fils et la branche va s'éteindre avec le mien, qui n'a pas de garçon.
La branche de Simon et Marie Idée ne peut donc compter que sur la branche d'Hirson pour continuer à défendre le patronyme !!